4 coiffeurs démontrent l’importance culturelle et sociale de cette profession pour les Africains

4 coiffeurs démontrent l’importance culturelle et sociale de cette profession pour les Africains

Mark Maciver, Lorenzo Lewis, Fidell Woods et Cadino Chipanga quatre coiffeurs, qui transcendent leur métier pour partager et offrir aux hommes et femmes de leur communauté un quotidien et un avenir meilleur.

Dans ces quatre exemples, les fondateurs de ces structures œuvrent pour l’émancipation et l’épanouissement de leur communauté.

Coiffeur ambulant à Memphis

Fidell Woods, est un barbier qui vient à l’école primaire Brewster une fois par semaine pour couper les cheveux des garçons qui lui lisent un conte ou deux. Woods est un exemple autre que le football, le basket le chant ou encore le rap afin d’être prospère ou heureux. Il leur dit qu’ils peuvent trouver le bonheur et l’estime de soi dans un travail quotidien, comme, eh bien, être barbier. Mais ce qui compte ici, ce n’est pas seulement la sagesse que Woods dispense aux garçons, mais la lecture qu’il leur fait faire. Parce que peu importe ce qu’ils décident d’être quand ils grandiront, ils devront savoir lire pour réussir. En effet, la lecture est un sujet avec lequel les garçons afro-américains se débattent. Une grande partie de cette lutte est liée à la pauvreté, et bon nombre des enfants qui fréquentent Brewster viennent de milieux pauvres.

Goodfellas Barbershop en Arkansas

Lorenzo Lewis est le fondateur de The Confess Project, une initiative dédiée à la santé mentale pour les garçons et les hommes. Pourquoi le faire dans un salon de coiffure ? Le salon de coiffure de la communauté noire a toujours été un espace sûr et sans jugement pour que les hommes puissent parler de tout — sport, politique, religion, femmes, virilité. Les conversations de 90 minutes sur la santé mentale, appelées Beyond the Shop, sont l’occasion d’approfondir le partage qui se produit déjà, dit Lewis. L’initiative est similaire à Barbershop Books, basée à New York, et au Black Barbershop Health Outreach Program à Inglewood, en Californie, qui se concentre sur la prévention de l’hypertension. Grâce à un format interactif, Beyond the Shop aide les garçons et les hommes noirs à avouer leurs vulnérabilités pour leur donner les ressources nécessaires afin d’adopter un mode de vie plus sain. Cette initiative permet aussi de montrer aux barbiers comment ils peuvent également être des défenseurs de la santé mentale.

Lire l’article : Au Mozambique, le coiffeur Cadino Chipanga développe l’économie locale et le self love au travers des locks

SliderCuts à Londres

Mark Maciver — alias SliderCuts, est âgé de 35 ans, a ouvert son salon en 2018. On retrouve parmi ses clients le Boxeur Anthony Joshua et le rappeur Stormzy. Le coiffeur est dans le métier depuis plus de deux décennies. L’espace offre « un environnement et des modèles positifs » aux jeunes de 13 à 16 ans de la région. « La plupart des groupes de la société ont leurs clubs, et le salon de coiffure noir est le club non officiel des membres pour les Noirs. C’est un endroit où ils peuvent être eux-mêmes. Je trouve que quand les gens viennent ici, ils ont l’impression qu’ils peuvent simplement lâcher prise, parler fort et parler de l’igname pilée [le plat nigérian]. […]En tant que personnes, nous avons tendance à regarder les autres et à parler de ce qu’ils sont censés faire, mais nous ne nous regardons pas toujours et ne nous disons pas : “Qu’est-ce que je fais ?” Si tout le monde aidait une personne, nous serions dans une bien meilleure situation. Cela peut être aussi petit que donner 15 minutes de conseils à un jeune. Je me sentirais hypocrite si je n’aidais pas les gens. »

Carapinha au Mozambique

Chipanga a créé Carapinha, une entreprise qui comprend trois salons à Maputo et une gamme de produits capillaires. «L’idée était de créer un salon dont l’objectif était de soigner les cheveux naturels à une époque où personne ne s’en souciait plus. Les gens utilisaient de plus en plus de produits chimiques et de cheveux synthétiques», a déclaré Chipanga dans l’atelier où il fabrique ses produits capillaires à la périphérie de la capitale.

Chipanga fabrique ses produits capillaires, y compris le shampooing, à partir d’une plante appelée Nlhelho ou Devil’s Thorn, qui était utilisée par sa mère et sa grand-mère. IL utilise également le tournesol et la noix de coco comme ingrédients. «Notre mission est de ramener l’amour pour les cheveux afros. C’est pourquoi je me suis lancé dans cette entreprise.»

On peut y découvrir les classiques musicaux, ou débattre sur la gastronomie entre deux pays, le salon de coiffure afro est depuis longtemps un espace d’échange et surtout de bien-être. Les initiatives évoquées précédemment exposent l’importance de leur fonction dans le tissu social où ils se trouvent et le rôle majeur que peut jouer celui qui le détient. Le coiffeur soigne le cuir chevelu, mais il influe sur l’image de soi et donc l’esprit. Ainsi, ce lieu devient inexorablement un espace de guérison et de construction.

Sources

Memphis barber fights low literacy in black boys

What Is Barbershop Therapy?

London barber is on a mission to help young people

Barbershop Talks: A safe place to discuss Black masculinity

La rédaction

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