Marie-Auguy un symbole de l’effroyable réalité des enfants exploités dans les mines du Congo

Marie-Auguy un symbole de l’effroyable réalité des enfants exploités dans les mines du Congo

Marie-Auguy, une petite-fille de 10 ans meurt pour ne pas avoir rempli correctement un seau de pierre dans une carrière. Le drame s’est déroulé en 2015 à Kipushi une cité minière. Cette tragédie illustre, malheureusement l’existence de millions d’enfants qui s’attèlent dans les effroyables gouffres. La République Démocratique du Congo apparaît pourtant dans la liste des pays potentiellement les plus riches du monde par sa faune, sa flore ou encore ses minerais.

Selon les faits rapportés, Marie-Auguy commençait ses journées à 4 h du matin. Elle recevait un maigre repas avant d’aller travailler. Elle n’allait pas à l’école en raison de la pauvreté de sa famille. Chaque jour, elle était obligée de parcourir 10 km de va-et-vient avec 15 kg de charge sur sa tête pour remplir le réservoir d’eau de la maison. Après ce premier labeur, elle devait réveiller ses petits frères et sœurs et les préparer pour la journée. Marie-Auguy a été la deuxième mère de la famille.

Une enfance illusoire

La fillette se rendait comme nombre d’enfants de son quartier, dans une carrière abandonnée, à proximité du Puits Cinq, à la Gécamines de Kipushi désormais en ruines. Sur la route, elle croisait d’autres travailleurs plus jeunes qu’elle avec une lourde barre métallique sur les épaules plus longue que leurs tailles. Tous se rendent dans leur enfer creusé les entrailles de la vieille mine pour récupérer un seau ou deux de gravier. Elle espérait, comme sa mère qui la rejoignait plus tard, récolter un peu d’argent, le salaire journalier. Sa tâche consistait à fouiller les remblais d’une carrière abandonnée, des moellons à vendre. Elle travaillait avec acharnement pour un pasteur, celui de son lieu de culte.

Lire l’article : Le travail dans les plantations de cacao comporte également celui des enfants

Lundi 13 juillet 2015

La mère de Marie-Auguy expliqua que le gérant renvoya la jeune fille compléter sa charge journalière « pour bien la payer ». C’était une cargaison extrêmement lourde qu’elle portait sur la tête. Pour le même salaire, Marie-Auguy devait avec l’aide d’un marteau écrasé la pierre. Et cela, sans protection ni pour les yeux, ou le reste de son visage, sous un soleil de plomb. En obéissant à son bourreau, la petite fille glissa dans un trou et s’éteignit sur-le-champ. Sa grand-mère qui l’accompagnait eut les jambes fracturées et des blessures à la hanche en tentant de la sauver.

0, 27 dollars, la survie à tout prix

Elle pouvait porter jusqu’à deux seaux (environ 30 kg) pour 250 francs congolais, soit 0,27 dollar américain. C’est en voulant remplir ces deux récipients que la petite a trouvé la mort afin d’atteindre 500 FC (0,5 USD). La famille de Marie-Auguy n’aurait rien reçu, aucune n’aide de l’employeur. Après l’enterrement de Marie-Auguy, sa mère obligée par la pauvreté retourna dans la même carrière pour poursuivre le travail de Marie-Auguy afin de ne pas laisser ses autres enfants mourir de faim.

Ainsi à Kipushi, des milliers d’ouvriers en bas âge perdent la vie, les plus chanceux restent des esclaves dans ces abîmes de souffrance pour survivre à la misère qui ronge la cité de Kipushi.

En toute connaissance de cause

En 2019, Les Échos écrivaient que l’association International Rights Advocates de défense des droits de l’homme aux États unis accusait les géants de la technologie. Dans la liste Apple, Microsoft, Google, Dell et Tesla d’avoir bénéficié en toute connaissance de cause du travail d’enfants dans des mines de cobalt en RDC, dont certains sont morts ou ont été mutilés dans des effondrements de tunnels ou de murs. La plainte a été déposée au nom de 14 victimes non identifiées et de leur entourage. Le minerais en cause est « exploité en RDC selon des conditions dignes de l’Âge de pierre, extrêmement dangereuses, par des enfants qui sont payés 1 ou 2 dollars par jour pour fournir le cobalt, servant, aux onéreux gadgets, fabriqués par certaines des plus riches entreprises au monde », dénonce l’organisme.

Cette triste histoire qui ne marquera pas l’actualité révèle l’étendue du fléau entretenu par des dirigeants d’états soutenus et financés ouvertement par des multimilliardaires sans scrupules. Ainsi, la mort se retrouve dans les appareils conçus avec ces minerais de sang.

Sources

Kipushi, une fillette de 10 ans meurt pour 0,27$ dans une carrière
Kipushi 2015, 10 ans une fillette meurt pour ne pas avoir rempli un seau de pierre dans une carrière
Special report : Inside the Congo cobalt mines that exploit children
Mines de cobalt : des géants de la tech mis en cause dans la mort d’enfants

Image de couverture : Du sang dans nos cellulaires

La rédaction

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